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Idril Fëfalas
Membre des Arashi
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MessageSujet: Re: Salle de combat   Dim 5 Aoû - 22:20

L'attaque avait été aussi soudaine que violente : incapables de réagir, les Tsubasa furent tout d'abord totalement dépassés par les évennements. Ils tombaient comme des mouches, les uns après les autres, enfants comme adultes sans aucune distinction, devant des soldats Iryan totalement impassibles pour ne pas dire réjouis devant pareil spectacle. Personne ne comprennait ce qui se passait : le chef Arashi n'avait-il pas accepté de les aider ? Ne leur avait-il pas d'ailleurs donné de quoi subsister quelques temps ?!

- Arrêtez ! Nous nous rendons, mais cessez ce mass...

Le jeune homme qui s'était lançé aux devants des soldats pour implorer leur clémence n'eut pas le temps d'achever sa phrase qu'une balle venait se loger sans son crâne, signifiant par la même que le combat allait être à mort. Celà acheva de terroriser les blessés et les enfants, cibles vulnérables par excellence... mais fit comme un élétrochocs aux troupes encore vaillantes ! Les Arashi ne feraient pas de concession, et encore moins de prisonniers ... alors ils n'avaient d'autres choix que de se motiver TRES rapidement s'ils voulaient avoir la moindre chance de survie ! Idril aussi fut réveillée par l'éxecution sommaire du pauvre Tsubasa, et eut pour premier réflexe - réflexe assez stupide dans un sens- que celui de repousser Vaëm vers l'arrière, comme si elle espérait que ce petit mètre supplémentaire qui le séparait des agresseurs aurait augmenté ses chances de survie !

-Espèce de...de...de...

Elle leva son bras valide et le tendit en direction des pro-Iryan, pour leur balançer un gigantesque jet d'eau à pleine puissance, sans regarder réellement à la dépense de puissance : la jeune fille n'avait qu'une envie, faire goûter aux Arashi une défaite d'une absolue sévérité avant d'aller étriper le chef Harön qui ne devait pas être étranger à cette attaque surprise...
... même si, elle devait l'avouer, celà lui semblait assez éloigné de son caractère...

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Tanil Ordan
Guérisseur ( Tsubasa )
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MessageSujet: Re: Salle de combat   Sam 25 Aoû - 16:58

Les brumes du sommeil avaient emmené Tanil bien plus loin qu’il ne l’aurait voulu. Il n’émergea que difficilement, alerté par le fracas de la porte qui volait en morceaux et par l’éclat implacable des balles.
Durant un instant, il fut incapable de se rendre compte de la situation et, le temps qu’il réagisse, plusieurs cadavres d’étaient amoncelés devant lui. Ses yeux s’agrandirent d’effroi et il ne dut la vie sauve qu’au fait qu’il s’était allongé pour se reposer.
Le jeune guérisseur se releva en vitesse avant de se jeter au sol à nouveau, une balle lui frôlant le cuir chevelu. Il rampa un instant entre les cadavres, évitant les flaques de sang et s’adossa au corps sans vie d’un jeune homme. Jetant un coup d’œil au reste de la salle, il essaya d’analyser clairement la situation. Un groupe d’Arashi se tenait à l’entrée, armes au poing et semblait avoir la ferme intention d’exterminer tous les blonds réfugiés dans le gymnase jusqu’au dernier. Le Tsubasa ne prit réellement conscience de la situation que lorsqu’il vit Idril se dresser face aux attaquants et répliquer par une trombe d’eau. Sans comprendre exactement les tenants d’une telle bataille, il sut qu’il était temps d’agir. Prenant son courage à deux mains, le timide Tanil se releva, s’enveloppant d’une barrière protectrice de vent. Lorsque les balles la traversaient, elles ralentissaient suffisamment pour que leur inertie ne leur suffise plus et que la gravité ne reprenne ses droits, les attirant au sol. Terrifiés, surpris et affaiblis, les blonds n’avaient pu réagir et le spectacle qui s’étalait devant ses yeux relevait du carnage. Les seuls survivants étaient ceux qui s’étaient retrouvé derrière les premières lignes, loin des portes.
Tanil élargit alors son rempart, protégeant ainsi un maximum de personne à ses côtés. Son pouvoir, inflexible, formait un bouclier infranchissable et, à l’abri, il entreprit de faire ce pour quoi il était fait : soigner. Lorsqu’il voyait un corps tomber, il amortissait sa chute, vérifiant au passage s’il y avait encore une chance de le sauver. La plupart du temps, il ne pouvait que détourner les yeux, impuissant. Le cœur meurtri, il concentrait son pouvoir pour soigner ceux qui pouvaient encore l’être et les déplacer hors de portée des balles.
Lui qui était habitué à soigner une personne à la fois, calmement en l’abreuvant de paroles rassurantes, était complètement dépassé par la situation. Les balles fusaient de partout et, à présent, quelques ripostes se mettaient en place, actes inutiles et peut-être perdus d’avance et menés par une soif de vivre inaltérable.
Mais bientôt, le guérisseur comprit que ce n’était pas en protégeant les autres qu’ils parviendraient à s’en sortir. D’ailleurs, son pouvoir diminuait de plus en plus, réduisant le champ d’action de son bouclier. La fatigue se faisait cruellement sentir et le jeune homme, peu familier au combat de longue haleine, se sentait faiblir de minute en minute. A sa droite, un corps chuta. Il n’avait même pas vu le projectile arriver. La sueur coulait dans ses yeux, l’aveuglant à demi et collant ses cheveux sombres à son front, lui donnant un air ténébreux peu compatible avec son caractère réservé.
Il avisa alors Dymphna dont le courage raviva une flamme en lui. Malgré l’horreur, malgré la fatiguer et son envie d’en finir, il DEVAIT se battre ! Cette pensée lui fit chaud au cœur et il reconnut là l’effet que seule la jeune femme pouvait avoir sur lui. Au fond de lui, il sentait confusément qu’il était probable qu’il ne s’en sorte pas vivant et, malgré le ton pressant du combat, il ne put s’empêcher d’effleurer doucement les longs cheveux sombres de la guérisseuse d’un souffle de vent comme pour la toucher, peut-être pour la dernière fois, même à distance. Et cette caresse résonna en lui comme un message d’adieu. Si les choses avaient été autrement ou bien si elles s’arrangeaient et s’ils s’en sortaient tous les deux, il espérait qu’ils trouveraient la paix, ensemble.
Il s’arracha à ses pensées lorsqu’un cadavre de plus tomba devant lui alors que naissait dans sa tête l’idée folle que son pouvoir pouvait tout aussi bien sauver la vie que la reprendre.
Un cri familier attira son attention et, tournant la tête, il aperçut son frère. Comme au ralentit, il sentit le glissement des balles sur l’air et eut à peine le temps de projeter Annël à terre d’une violente bourrasque. En un bond, il fut sur lui. Il le repoussa sans ménagement dans un recoin protégé, sous les gradins et sentit une rage inconnue envahir ses pensées. Il se retourna vers les Arashi et son visage n’exprimait que la colère.
L’adrénaline s’était emparée de son corps, lui ôtant toute sensation de fatigue ou de douleur.
Le gentil Tanil Ordan, le timide Tanil Ordan sentir alors la puissance de la haine déferler en lui. Un cri inhumain sortit de sa gorge au moment où il projetait une rafale sur les Arashi. L’air s’infiltra parmi les rangs ennemis, faisant gonfler leurs poumons jusqu’à l’explosion ou les asphyxiant impitoyablement. Une dizaine d’hommes armés s’écroulèrent sous l’assaut.
Tout a son déchaînement, le jeune Tsubasa avait néanmoins omis de se protéger. Or les Arashis, bien entraînés, furent promptes à réagir. Il ne ressentit tout d’abord qu’une légère piqûre à son flanc mais, lorsqu’il y porta la main, un flot de sang rouge macula ses doigts. La rage fit alors place à la surprise et Tanil sentit l poids de ses blessures et de sa faiblesse. Une autre balle le traversa de part en part et la troisième le projeta en arrière. Il tomba à quelques mètres de son frère, rampa jusqu’à lui et lui saisi la nuque.
Ses pupilles s’affolèrent, laissant voir le blanc de son œil comme chez un animal terrifié. Il n’arrivait pas à savoir s’il ne ressentait rien ou si son corps n’était qu’un gouffre de douleur.
Ses doigts fins glissèrent jusqu’au cou d’Annël et se faufilèrent sur son torse. Finalement, il se saisirent du colifichet en verre symbolisant le cristal d’Igual Rivag.
Tanil ne sut comment mais il trouva la force d’arracher la chaîne du cou de son frère, zébrant la peau claire d’une marque rosâtre.
Sa voix était sourde, sifflante, entrecoupée de halètements rauques.

« Il y … a … une façon plus … plus juste … de … »

Son poing se referma sur le faux cristal qui se brisa. Les morceaux de verre entamèrent sa chair et tombèrent au sol, mélange d’étoiles étincelantes et de vermeil.

« … de croire. »

Le frère cadet des Ordan ferma les yeux, reprenant son souffle. Sa respiration se faisait de plus en plus lente.
Ses yeux s’entrouvrirent et leur éclat émeraude frappa le bleu froid de ceux de son aîné.

« Je … »

Il déglutit péniblement, tenta de rouvrir la bouche. Le goût ferreux su sang lui anesthésiait la langue et un mince filet incarnat coula au coin de ses lèvres.

« Je suis … »

Le dernier mot resta coincé dans sa gorge. Jamais son frère ne saurait le fond de sa pensée et à quel point il regrettait leur enfance et leur séparation.
Le jeune guérisseur, maître du vent, sentit un souffle frais caresser son visage.
Soudain, il eut l’impression de voler.
Un instant plus tard, son cœur arrêtait de battre.
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Les larmes du vent sont des cristaux de guérison
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Annël Ordan
Membre des Tsubasa
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MessageSujet: Re: Salle de combat   Sam 25 Aoû - 22:12

Ses yeux ne pouvaient se détacher de la scène qui se déroulait devant lui : dans un concerto tout droit sorti de l’enfer dansaient les étincelles produites pas les balles de fusil, les éclats de sang vermeil, les cris et les pleurs des enfants tout comme les gémissements d’agonie des mourants. Le sol était inondé autant du sang des victimes que des larmes des familles, et l’évolution de la tuerie était telle qu’il ne savait plus faire aucun geste, paralysé par l’effroi. Coup par coup, les Tsubasa s’effondraient, brisés par les armes Arashi : membres déchirés, front percés d’un trou béant, ventres entrouverts… comment une chose pareille pouvait-elle se produire ?!

** Mon Dieu ! Vous ne pouvez pas laisser une telle chose se produi…**

Le bruit froid d’une balle, suivi d’une vive douleur au niveau du bras gauche vinrent soudainement ramener le prêtre sur terre : il laissa s’échapper un cri, avant de plaquer sa main sur la blessure qui, heureusement, n’était qu’une petite égratignure qui ne saignait même pas. Annël néanmoins comprit vite que son inattention allait lui être fatale quand il vit un canon de fusil Arashi pointé en direction de sa tête, et qu’il vit le doigt du propriétaire de crisper sur la gâchette…
C’était sans compter la vivacité de Tanil, son cadet, qui parvint à le repousser d’une brusque bourrasque au moment même où le projectile allait transpercer son front : choqué, il mit quelques secondes à comprendre qu’il était entier avant de se faire repousser une seconde fois en direction des gradins, avec Tanil l’enfourchant au niveau du dos, comme pour le protéger d’une seconde balle… un vrai miracle !

- Tanil tu… ?

Le regard du guérisseur l’incita étrangement à se taire : les sentiments qu’il pouvait y lire lui étaient inconnus … du moins il n’aurait jamais pensé que son frère, doux comme un agneau, aurait pu être un jour sous leur emprise. De la colère, énormément de colère… un soupçon de haine et, surtout, beaucoup de volonté.
Combien de fois pourtant lui avait-il dit, sur un ton moqueur, que la volonté était une chose dont il était totalement dépourvu ? Combien de fois l’avait-il martelé en lui disant que cette faiblesse d’esprit était une tare, une honte, alors qu’il était issu de la noble lignée des Ordan ? Aujourd’hui, pourtant, il semblait si déterminé… déterminé à se battre ? Ou alors déterminé à protéger les siens ? Il ne savait dire…
Une dizaine d’Arashi ne tarda pas à s’écrouler d’un coup, le teint devenu soudainement bleu ce qui laissait comprendre que le guérisseur usait de son pouvoir pour les asphyxier : devant ce spectacle, beaucoup de Tsubasa l’imitèrent, afin de pouvoir attaquer tout en restant à couvert, et l’espoir revint dans le cœur du jeune prêtre qui commença à penser que Dieu s’était mis de leur côté et leur permettrait de s’en sortir…
Mais c’était sans compter le fait que Tanil, contrairement aux autres combattants, était debout sous le feu nourri de l’ennemi.
La scène sembla se passer au ralenti : le jeune Tsubasa vacilla l’espace d’un instant, puis, dans le vacarme des balles, passa une main tremblante sur son flan qui se teintait petit à petit d’un pourpre assassin. Deux secondes plus tard, il vacillait de nouveau tout en reculant de quelques pas comme pour éviter de tomber : enfin, il était projeté avec force en direction d’Annël dont le visage fut éclaboussé de sang chaud…

-TANIL !!!!

Il voulut se lever, mais déjà son frère l’avait rejoint en rampant misérablement, avant de s’écrouler sur ses genoux, le regard emplit d’un effroi indicible : sa main se porta au cou d’Annël avec difficulté, et arracha le pendentif qu’il tenait du Grand Prêtre et auquel il portait une grande importance. Pourtant, à présent il n’en avait rien à faire : sa seule préoccupation était son frère, le seul membre de sa famille encore présent sur cette terre et qui se mourrait lentement devant lui ! Paniqué, il essayait de compresser les blessures… mais comment vouliez-vous opérer sur 3 ouvertures quand vous n’aviez que deux mains ?!

« Il y … a … une façon plus … plus juste … de … … de croire. »

- ( Sa voix est tremblante ) Ne parle pas…non, ne parle pas. Ne parle pas…

Désespéré, il tapota les joues de son frère comme pour le forcer à rester éveillé : il sentait la vie de l’adolescent lui glisser entre les doigts, et ne pouvait strictement rien faire contre cela ! Il n’entendait plus les Tsubasa hurler, ni les armes Arashi rugir… il ne sentait plus l’odeur du sang… il ne voyait plus ses camarades tomber les uns après les autres. Non, il ne voyait plus que Tanil, n’entendait plus que lui, et ne sentait que l’odeur de la mort qui le prenait doucement mais sûrement dans ses bras infâmes…

« Je suis … »

- Tais toi ! tais…( il remarque soudainement que la lueur dans les yeux émeraudes de Tanil faiblit ) … Tanil ? Tanil ?!!!

Annël secoua cette fois son cadet sans ménagement, ne parvenant pas à le réveiller : ça ne pouvait être possible ! Pas maintenant, pas encore ! Le Seigneur Rivag ne pouvait faire une chose pareille, pas après tout ce qu’il avait réalisé pour lui, pas après tous les sermons, toutes les recherches, toutes les trahisons, tout ce qu’il avait pu accomplir en son nom !

- Tanil ! Tanil, réveille toi, tu ne peux pas partir maintenant ! Pas encore Tanil, pas encore je t’en supplie ! Je te supplie à genoux, ne me laisse pas tout seul, pas comme l’ont fait nos parents ! Tu, ne peux pas me faire ça, tu ne peux pas ! Ne te laisse pas aller, par pitié, respire !

Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues, s’écrasant sur le visage blême du défunt guérisseur : fou de douleur, Annël essaya un massage cardiaque, du moins il tenta de reproduire les mouvements qu’il avait eu l’occasion de voir. Devant l’inefficacité totale de son plan, il posa ses lèvres sur celle de Tanil, ouvrit grand la bouche et tenta sans plus de succès de lui insuffler de l’air, priant de toutes ses forces pour qu’il reprenne soudainement vie. Il essaya cela pendant peut-être trois minutes, mais le temps lui parut si long qu’il ne l’aurait pas étonné qu’une vie entière se soit écoulée !
Hélas, rien de changea.

- Non, non, non !!!!!! ( il secoue une nouvelle fois Tanil ) Pitié non ! Bon Dieu, pourquoi vous faites ça ?!!!!! POURQUOI ?!!!!

Il prit son frère entre ses bras et éclata en sanglot, laissant s’échapper un long cri emplit d’une douleur folle : sans réfléchir, le prêtre embrassa le cadavre encore chaud comme s’il s’agissait ni plus ni moins de celui de sa ( ou son ) petit(e) ami(e). Il avait l’impression de redevenir dingue… totalement dingue…
C’est alors qu’il revint dans le monde réel et qu’il comprit : c’était la guerre. La guerre. La mort, la peur, le sang, les pleurs, la folie ambiante ni plus ni moins. Tanil n’était pour les Arashi qu’un anonyme…
Son frère… un vulgaire anonyme ?
Et cette enfant qui se vidait de son sang à quelques pas de lui, était-ce elle aussi une anonyme ? Cette grand-mère en pleine agonie, ce n’était qu’un numéro ? Une statistique supplémentaire ? Et ce père de famille à la tête entrouverte ? Et ce bébé hurlant dans les bras déjà raides et froids d’une pauvre femme à la poitrine trouée ?! Ces civils, qui ne demandaient qu’à vivre… n’étaient que des noms ?
Ces mêmes civils qu’il avait eut pour mission d’espionner, puis de dénoncer ?
Jamais Annël ne s’était encore rendu compte de ce qu’était véritablement la mort : après tout, une pierre tombale n’était pas bien révélatrice de toute l’horreur, toute la tristesse que ça pouvait représenter…
On ne mourrait jamais avec dignité. Jamais… même au nom de Dieu. Des innocents ne méritaient pas de mourir…

- TANILLLLLLLLLLLLLLLLLLL !!!!! NOOOOOOOOON ARRETEZ !!!! PAR PITIIE ARRETEZ- CA !!! ARRETEZ CAAAAAAAAAA !!!!

Ployé en deux, au dessus du corps de son frère, Annël se tenait la tête en hurlant toute sa colère, toute sa détresse : il n’avait jamais « compris » ce que Tanil avait voulu lui dire, il n’avait jamais « compris » ce qu’était réellement croire ! Il n’avait jamais compris que la croyance était autant un respect de Dieu que le respect des hommes, le respect de la vie des innocents…
La vie de son frère était-elle néanmoins vraiment nécessaire pour qu’il réalise ?
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Idril Fëfalas
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MessageSujet: Re: Salle de combat   Lun 3 Sep - 0:32

La bataille s’était muée en un massacre véritable, transformant le gymnase en un immonde charnier en à peine quelques minutes : les têtes tombaient les unes après les autres, d’abord chez les Tsubasa exclusivement puis de plus en plus chez les Arashi, pourtant dotés d’une ardeur sans égale. Peut-être était-ce le désespoir qui poussait les réfugiés à se dépasser ? Le fait de savoir que, de toute manière, personne ne s’en sortirait, et qu’il fallait donc faire le plus de morts possibles pour partir sans regrets ? Qui aurait pu le dire… en tout cas, Idril était à classer dans cette catégorie de désespérés notoire…

** On va tous y passer…Ô mon dieu, à cette allure nous allons tous y passer ! Le temps d’en tuer un chez eux, et c’est 3 personnes qui trépassent dans notre camp ! Sans compter que 80% des personnes ici présentes étaient déjà blessées au départ… **

Elle s’était tapie dans un coin de la salle, pas loin du chauffage : sous les conseils avisés de jeunes gens, la Tsubasa utilisait à présent son pouvoir pour vider les ennemis de toute leur eau, les changeant ainsi en tas de sable fin décoloré. Hélas, la manœuvre prenait du temps, même si on se mettait à deux sur le même soldat : les Arashi étaient certes moins nombreux, mais ils étaient tellement mieux équipés… tellement mieux organisés aussi ! Un combat à mort… quelle bêtise, comment des soldats pouvaient-ils se battre contre d’innocents civils, déjà à moitié morts ?! Les soldats de Vaëm n’avaient aucune fierté, aucune ! Remarquez, pouvait-on attendre cela des Arashi ? Dire qu’elle avait vraiment cru aux promesses du chef de clan, comme tous les autres !

** J’aurais jamais dû lui faire confiance… c’est notre ennemi héréditaire quoiqu’on en dise… c’était couru d’avance qu’il allait nous piéger. Et maintenant nous allons tous mourir… belle victoire Vaëm, belle victoire ! Des soldats contre des enfants, se sera vraiment une victoire honorable…**

Idril prit une profonde inspiration, tendant d’oublier les cris qui fusaient autour d’elle et l’odeur de sang qui titillait irrésistiblement ses narines, puis sortit de sa cachette pour viser ses ennemis : d’un rapide mouvement de poignet, elle trancha la tête d’un des soldats, déjà blessé par un autre Tsubasa, avant de se concentrer sur un Iryan doté d’une mitraillette qui faisait d’énormes ravages chez les enfants. Elle concentra rapidement son pouvoir dans sa main valide puis aspira consciencieusement toutes les particules d’eau qui étaient à sa portée…
Quand elle vit Tanil s’écrouler à quelques mètres d’elle.
Elle se retourna par réflexe en espérant voir le guérisseur se relever, quand une balle vint lui raser la tempe, la forçant à se laisser tomber au sol parmi les cadavres : le projectile continua sa course jusqu’à la chaufferie, pour se loger dans un des tuyaux de gaz. qui s’ouvrit tout naturellement. La Tsubasa se releva rapidement et s’apprêta à lancer un nouveau sort pour se venger de son agresseur quand une seconde balle – qu’elle évita de justesse- vint parachever l’œuvre du soldat.

KABOUM ! Une explosion effroyable jeta à terre ceux qui se trouvaient près de la chaudière et rendit à moitié sourds tous les combattants présents : l’Iryan malchanceux, quant à lui, fut transformé en tas de cendres en quelques secondes à peine, comme quelques pauvres Tsubasa qui s’étaient trop près de lui…
Idril, elle, ne réalisa même pas la chose : elle était à terre, le regard hagard et brûlé par la lumière qui s’était échappée de l’explosion, sans même avoir réalisé pourquoi elle était passée de debout à « à moitié assommée parmi les corps des malheureux Tsubasa » en un dixième de secondes…
Ce qu’elle réalisait par contre, c’est que non seulement elle n’entendait pratiquement plus rien ( ce qui était parfaitement normal après pareil bruit ) mais qu’en plus… sa vue était comme brouillée par une épaisse fumée noire ( ce qui était beaucoup moins normal )…
Une vive douleur au-dessus de la paupière vint achever ses craintes.

-Mes yeux…mes yeux, c’est pas vrai !

Elle plaqua ses mains dessus, comme si le contact de ses paumes aurait eu un quelconque effet positif, avant de se retourner maladroitement dans la masse de chair morte qui lui servait de bouclier – provisoire- contre l’ennemi : ça faisait si mal ! La panique soudainement l’envahissait : c’était la fin ? La prochaine balle lui serait fatale ? Cette douleur était annonciatrice d’un trépas imminent ?!
La jeune fille retira les mains de ses yeux et constata que le voile noir avait disparu…pour laisser place à des ténèbres complètes, encore moins rassurantes. Et elle eut beau cligner deux ou trois fois des yeux, rien ne vint, même pas une petite lueur !

-J…je ne vois plus ! Je ne vois plus… mon dieu, je ne vois plus ! Je ne vois plus !

La terreur était telle que les mots n’arrivaient pas à sortir de sa gorge : elle ne voyait plus rien ! N’entendait pratiquement plus rien non plus … mais sentait la mort et le sang comme si elle était en train de baigner dedans. D’ailleurs, elle baignait dedans ! Mais ne pouvait pas s’en rendre compte, paniquée comme elle était…
Les nerfs de la jeune fille ne résistèrent pas, et c’est en toute logique qu’elle se mit à trembler et à pleurer, en implorant l’ennemi de cesser, de les laisser vivants, d’arrêter le massacre qu’ils étaient en train de faire ! Choquée, trop pour réussir à garder son sang froid, elle priait le Seigneur – le seul qui pouvait encore faire quelque chose- de lui permettre au moins de voir ce qui se passait, de ne pas la laisser dans le flou, dans le noir, alors que la mort était si proche !
Elle ne comprenait pas ce qui arrivait, pleurant pour que sa vue lui revienne immédiatement, tandis que la boucherie continuait, envers et contre tout.

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Vaem Harön
Chef des Arashi
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MessageSujet: Re: Salle de combat   Lun 3 Sep - 13:12

Un carnage...
Un... véritable... carnage...

Il avait ouvert les yeux sur du sang, de la poudre, de la mort... des corps sans vie s'étendaient autour de lui, sur lui, semblant l'accuser par delà la mort de leur regard vitreux. Des femmes, des enfants, des adultes...
Une explosion...

Le jeune homme fut soufflé au même titre que les autres, roulant dans le sang et les tripes jusqu'à heurter quelque chose. Sonné, c'est tout juste s'il eu le réflexe de refermer les bras autour de la jeune femme qui venait de le percuter pour l'empêcher d'aller plus loin, en plein sous le feu des balles...

Il ne comprenait rien...
Absolument rien...
Lorsqu'il était arrivé... tout était calme. Paisible... il aurait pu mourir en paix...
Et puis il y avait eu Lionis, et puis ce rêve... et maintenant...

Avec un cri de douleur, il se replia sur la jeune femme, la protégeant de son corps dans l'espoir que les balles tirées vers eux ne l'atteindrait pas...
Espoir vain...
S'il n'avait pas été Arashi.
Il n'avait pas eu besoin d'y penser pour qu'un bouclier de plasma se dresse entre eux et la mort, stoppant les projectiles de plombs en plein vole. La fille contre lui n'arrêtait pas de pleurer...
Il l'entendait appeler Igual Rivag à l'aide, et un sourire amère s'était gravé sur ses traits.
Igual Rivag ne viendrait pas.
Igual Rivag n'existait pas.
Ils allaient tous mourir sans avoir comprit pourquoi...
C'était ridicule...
Horriblement ridicule... Terriblement même...

Secoué d'un rire nerveux, Vaem se redressa lentement, l'énergie crépitant le long de son corps, soulevant ses cheveux défaits par vagues, attirant à lui les morceaux explosés de la chaudière.

Les imbéciles...
Les idiots...
Quand comprendraient-ils que leur illusion divine ne ferait rien pour eux ???

Ses yeux avaient virés au blanc. Comme après son altercation avec Lionis, c'était le pouvoir qui soutenait son corps exténué, et la colère aussi. L'amertume. Le mépris...

Les morceaux brisés de la chaudière volèrent en direction des attaquants, poussés par la force magnétique, découpant et tranchant tout ce qui s'opposait à leur passage tandis que le chef Arashi s'éffondrait sur les genoux, hagard, ayant du mal à canaliser son pouvoir qui débordait, agrandissant le bouclier devant lui et Idril pour venir englober une partie des survivants...
Il avait mal...
Il avait l'impression que la blessure de son ventre se rouvrait...
Mais ça n'était qu'une impression...
Une douloureuse impression...
Aussi douloureuse que son impuissance...
Il se savait trop fatigué pour résister longtemps. Trop blessé pour se battre, trop faible pour protéger ne serais-ce que les enfants...
Trop lâche... peut-être...
Et il y avait un enfant.
Sur la trajectoire des projectiles... de ses projectiles...
Il ne pouvait rien arrêter.

_________________
~ Le temps est venu de débarasser la terre des Tsubasa ! ~

« Mais ça va ! C'est qu'une balle dans l'pied ! »

Vaëm, à Lio, le même soir de grande fatigue.
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Dana Dymphna
Guérisseur ( Tsubasa )
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MessageSujet: Re: Salle de combat   Ven 7 Sep - 17:03

Le gaz lacrymogène envahit toute la pièce. Quelques secondes plus tard, les balles retentissaient partout. Beaucoup étaient des balles perdues, mais certaines touchèrent néanmoins des Tsubasa.
L'odeur et le fracas réveillèrent très rapidement la guérisseuse. Encore un peu dans ses songes, elle se demanda si elle venait de rêver cette scène d'invasion.
La réponse s'offrit aussitôt à elle : elle ne l'avait pas rêvée, elle l'avait cauchemardée.
Un cauchemar bien réel cependant.
Les yeux de Dymphna pleuraient. Mais ceci n'était dû qu'au gaz, qui s'étendait de plus en plus, empêchant les défenses des Tsubasa. Du moins, empêchant toute défense efficace et organisée.
Les Arashi, eux - car leurs attaquants étaient bien des Arashi -, semblaient doter de masques.
La fumée empêchait Dymphna de voir quoi que ce fût. Elle ne faisait qu'entendre des cris, des hurlements... tous du côté Tsubasa.
Cela suffisait. Elle en avait assez de cette fumée... déployant son pouvoir du vent, elle conjura une rafale assez puissante et durant assez longtemps pour renvoyer tout le gaz de l'autre côté de la pièce, et finir par l'expédier ailleurs.
L'opération, cependant, prit quelques dizaines de secondes cruciales.
Car pendant ce temps là, beaucoup de Tsubasa mourraient sous les balles.
"Beaucoup", diraient certains, cela est relatif. Seules quelques personnes, pour l'instant, étaient tombées sous les balles ennemies...
Pour Dymphna, une personne était déjà trop.
Le rôle d'un guérisseur n'est pas de combattre... pensa-t-elle alors.
Mais elle ne pouvait pas laisser passer ça.
Se concentrant, invoquant à nouveau le vent, la guérisseuse faisait de son mieux pour créer une offensive.
Elle ne pouvait pas créer une protection suffisante pour protéger les Tsubasa, comme Tanil, et en même temps attaquer. Et d'ailleurs, si elle faisait cela, elle s'épuiserait vite... leurs ennemis n'auraient qu'à attendre l'épuisement de leur énergie pour attaquer.
Le seul moyen, le seul espoir qu'elle avait de survivre, c'était d'attaquer. Attaquer sans merci, cette fois... il y avait trop de monde, trop de vies en danger, pour se permettre de retenir ses coups.
Alors, elle optimisa son pouvoir offensif comme elle ne l'avait jamais fait. Des entailles se créaient sur la peau des Arashi. Le plus souvent au niveau du cou. Quelques Arashi moururent de cette manière.
Mais il y en avait trop... beaucoup trop... et eux, Tsubasa, étaient trop faibles par rapport aux balles. S'ils en recevaient une, c'était la fin.

A ce moment, ces cheveux se soulevèrent, sa peau frissona sous l'effet de la caresse de vent. Trop prise par l'action, elle ne le remarqua pas.

Evidemment, ils étaient agiles - ce qui expliquait que Dymphna réussit à éviter des balles à deux reprises -, mais ils n'étaient pas plus résistants que n'importe quel humain... une balle, et c'était la fin. Et tout le monde ne maîtrisait pas aussi bien que les guérisseurs ou que les chefs de clan leurs pouvoirs. Surtout les Tsubasa blonds... est-ce qu'on leur avait jamais appris quelque chose, d'abord ? Pour les Tsubasa, ils n'étaient rien de plus que des brebis galeuses.
C'était affreux, comme pensée. Ils avaient pourtant tous le même sang, tous un sang rouge...
Dymphna continuait de se battre, envoyant une rafale pour déstabiliser les Arashi, les faire tomber. Elle essayait cependant de voir les autres Tsubasa. Si quelqu'un tombait, s'il ne mourrait pas, si elle pouvait faire quelque chose pour le sauver, elle essayait. Ces guérisons multiples et rapides lui prirent une formidable quantité d'énergie.

Et puis, un cri.
Ce n'était qu'un cri, pourtant. Elle aurait pu ne pas l'entendre, parmi tous les hurlements que poussaient les Tsubasa, parmi tout ce chaos.
Mais elle l'entendit.
Ce hurlement était un nom. C'était celui de Tanil.
La guérisseuse, inquiète, se retourna aussitôt.
Elle vit Annël couché près d'un corps sans vie qu'elle reconnut aussitôt.
Celui du guérisseur Tanil Ordan.

Non, ce n'était pas possible. Il était blessé, c'était tout. Tanil ne pouvait pas... Impossible.
Le sang rouge du guérisseur coulait de ses trois plaies.
Possible...

Soudainement aboulique, Dymphna ne voyait plus rien que Tanil.
Tanil... ?
Tanil ?...
Ce n'était pas possible. C'était juste un cauchemar... elle allait se réveiller... ce n'était pas possible, toute cette horreur autour d'elle...
Une balle la frôla. Une autre balle l'atteignit sans peine, s'infiltrant dans ses tissus, faisant voler sa peau en éclat, faisant couler son sang à sa jambe. La chaudière explosa, la projetant à terre.
Mais elle n'y faisait pas attention. Rien n'importait que ce corps allongé là, sans vie.
Depuis quand le guérisseur avait-il pris une telle importance pour elle ? aurait-elle pu se demander. Mais elle ne songea même pas à la question. Elle regardait juste sa vie s'en aller en même temps que celle de Tanil. Tout le fil de sa vie qui s'enfuyait...
A présent allongée sur le dos, Dymphna murmura un nom.
Tout ça... c'était un cauchemar... ça ne pouvait être qu'un cauchemar... pas Tanil... pas... Lui.
Quelque part sur le sol, jonchée à côté de d'autres Tsubasa, la guérisseuse pleurait.
Et cette fois, ce n'était pas du gaz lacrymogène.
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