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 La Salle du Conseil

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Igual Rivag
Admin


Nombre de messages: 118
Date d'inscription: 31/10/2005

MessageSujet: La Salle du Conseil   Jeu 30 Oct - 0:00

Cette salle immense n'a pour seuls meubles qu'une immense bibliothèque croulant sous le poids de plusieurs milliers d'ouvrages, une longue table d'ébène et une dizaine de chaises. Un immense lustre -fonctionnant à l'électricité- surplombe l'entrée de la pièce, effrayant souvent les invités doutant de la solidité du plafond.

On y débat longuement des affaires d'État autour d'une cafetière fonctionnant à plein régime puis on visionne sur des écrans géants les cartes militaires dessinées au préalable par les militaires. L'entrée est strictement réservés à ceux possédant un badge et est gardée 24h/24 par des gardes...
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Aelig
Général
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Nombre de messages: 1827
Age: 18
Date d'inscription: 21/11/2005

MessageSujet: Re: La Salle du Conseil   Mar 18 Nov - 22:38

Les mains propres et l'habit impeccable, Aelig quitta son fiacre, ordonnant au cocher de l'attendre. Il jeta un œil aux deux gardes, les deux mains serrées, arborant une expression d'attente. Ceux-ci s'écartèrent bien sûr : nul ne pouvait ignorer ici qui il était.
Il attendit toutefois qu'on lui ouvrît, et encore une fois attendit que le portier - auquel il fit bien sentir qu'il avait du retard - vînt le décharger de ses manteau et chapeau.
Ceci fait, il s'engagea dans les couloirs de la grande bâtisse : bien entendu il connaissait beaucoup de ses pièces et avait déjà regardé la plupart des tableaux décorant les murs ; toutefois il prenait tellement de plaisir à s'attarder, faisant ainsi durer le supplice d'un Tsubasa qui, il en était certain, n'aurait jamais cru espérer autant le retour d'un Arashi. Et Aelig était sûr que sa langue se délierait un peu à son retour – et c'était le cas de le dire, pensa-t-il en souriant.
Le général marchait donc tranquillement, et finit par arriver à la salle du Conseil, gardée par deux soldats auxquels il ne s'intéressa même pas et avança, tandis que ceux-ci s'écartaient et ouvraient la porte. Un bruit sourd et désagréable se fit entendre à deux reprises – il faudrait huiler ses gonds, remarqua Aelig en s'approchant de la grande table.

- Aujourd'hui où les Tsubasa sont toujours aussi tenaces, il faudrait songer à être plus efficace, commença-t-il, c'est-à-dire en supprimer plus. Et pour cela, nous aurons besoin d'envoyer nos soldats au front : ici commence le problème. Nous avons constaté le manque d'effectifs chez nos militaires : seulement cinq pour cents de la populace !

Tout cela était dit avec un ton formel, si bien qu'on pouvait ne pas remarquer que « seulement cinq pour cents » était déjà grand.

- Je crois, reprit-il, que les gens ne se soucient pas assez de notre combat contre les Tsubasa : il y a même du laisser-aller, des traîtres qui répandent des idées pro-Tsubasa : il faut donc rallier à nous les opinions, les corps, et supprimer les problèmes. Je ne dis pas, bien sûr, de supprimer toute liberté à la populace : mais de leur présenter certains aspects qu'il n'avait pas envisagés jusque là, comme par exemple que les Tsubasa sont à l'origine des trois quarts des meurtres.

Trois quarts des meurtres : peu précis en vérité mais peu importe ! Le tout était de balancer des chiffres (vrais ou pas ? On s'en fiche) pour faire semblant de convaincre, mais en réalité de démontrer.

- L'opinion publique ne se soucie pas assez de l'ennemi public : je propose donc, en plus d'éveiller les foules à ce problème majeur, de lui montrer toute la prestance qu'il y a à faire partie de l'armée en organisant un spectaculaire assaut contre ces chiens.

L'insulte avait fusé d'elle-même, et il ne s'arrêta pas à cause d'elle mais simplement pour insérer une diapositive dans la machine, ce qui afficha une carte simple de la situation géographique : une partie des terres de Ker'lyan, le Nunavut et un bon bout du pays de Luzhnaya, où quelques points d'interrogation restaient. Désignant ceux-ci, Aelig sourit :

- Ils ne resteront pas longtemps. J'espère qu'en partant d'ici, certains seront plus enclins à parler. Cependant, vous pouvez constater encore une fois que, tout comme chez nous, plus on s'éloigne de la frontière, plus on arrive aux lieux importants... voici donc où je veux en venir : lancer une attaque armée, composée de plusieurs petits groupes, contre ces Tsubasa, qui iront ensuite frapper au plus profond de leur territoire. Plan idéal et, malheureusement, suicidaire. Reste à trouver les « volontaires »...

Ces traîtres à leur cause feraient très bien l'affaire. Mais cela, il en était convaincu, ils l'avaient tous bien compris. Il se tourna donc vers Izahia, sourire poli aux lèvres :

- Il y a beaucoup à faire et ce n'est qu'au stade d'idée – mais puis-je connaître votre opinion à ce sujet, premier Consul ? finit-il, étouffant un rictus entre ses lèvres.

_________________
(Anciennement Dana Dymphna)


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Izahia Iryan
Premier Consul
Premier Consul


Nombre de messages: 103
Date d'inscription: 23/04/2006

MessageSujet: Re: La Salle du Conseil   Mer 19 Nov - 14:04

Izahia était affalé sur sa chaise, tapotant distraitement la table de ses doigts fins et laissant s’échapper, de temps à autres, un bâillement sonore : il leva les yeux vers le vieil aristocrate qui l’avait tiré du lit et qui lui faisait à présent un long discours soporifique sur un sujet dont il n’avait cure, puis laissa s’échapper un long soupir désespéré, espérant que son supplice se termine assez rapidement pour qu’il puisse éventuellement se recoucher et regagner quelques précieuses secondes de sommeil.

Il fut en partie exaucé : en effet, les portes de la salle du conseil s’ouvrirent d’un coup, faisant sursauter l’ensemble de l’assemblée et coupant net le comte dans son élan. Izahia vit ce dernier chanceler tout en portant la main à son cœur tandis que deux ou trois servantes habituées à l’agitation qui régnait au palais le guidaient au dehors pour lui éviter un malaise. Il n’eut même pas à tourner la tête pour deviner qui était son « sauveur », car un seul homme dans tous le pays était capable d’un tel prodige.

-Aelig… par pitié, les portes du palais sont aussi fragiles que le comte de Duitsica. Faites vous annoncer la prochaine fois…

L’homme ne sembla néanmoins pas l’avoir entendu, car il partit dans une longue conversation sans même prendre le temps de se présenter (ce qui n’était néanmoins pas très étonnant venant de lui). Izahia releva enfin la tête et écouta d’une oreille plus ou moins attentive ce qu’il avait à dire : après tout, ça ne changeait pas énormément de d’habitude. La différence du jour tenait en la proposition faite pour mobiliser l’opinion publique : une attaque surprise et massive chez les Tsubasa. C’était, il fallait l’avouer… assez surprenant ! Le jeune homme attendit que le général termine puis il se rassit convenablement dans sa chaise, se grattant les cheveux d’un air embarrassé.

-Pfou… je dois avouer que vous me prenez plutôt au dépourvu, Général.

Il leva les yeux au ciel et se tapota la joue : Aelig n’avait pas tort sur le fond, mais pour la forme… en fait, il n’en savait trop bien. Il n’était pas un chef militaire, et encore moins un spécialiste de la communication, mais l’idée de fournir des chiffres clairement surévalués et d’envoyer des soldats à une mort certaine pour un coup publicitaire lui semblait tout de même un peu exagéré.

-Je trouve pour ma part que nos effectifs sont tout de même suffisants. Il faut bien que le pays tourne même en temps de guerre, et je me vois très mal demander à ces dames d’enfiler une blouse de travail et d’aller aux champs ou à l’usine parce que nous devons malheureusement mobiliser leurs maris et leurs fils. La guerre, dans l’état des choses, coûte déjà très cher…

Elle coutait même trop cher devait-il dire : beaucoup de mesures favorables à la population devaient être abandonnée faute d’argent. Mais ces saletés de Tsubasa étaient des acharnés, et n’hésitaient pas quant à eux à sacrifier les leurs pour les attaquer…

-Quant aux idées pro-Tsubasa, hélas que voulez-vous y faire ? Nous pouvons certes arrêter et exécuter pour l’exemple ceux qui ont réellement des sympathies pour l’ennemi, mais la plupart de nos concitoyens sont juste attirés par des éléments bien particuliers de la « culture » -si néanmoins nous pouvons parler de culture- de ces sauvages. Regardez ces hommes qui collectionnent les sabres provenant de Saint Abel, ou les femmes friandes d’étoffes colorées ou de maquillage exotique ! Je vous avouerai que je déteste ça, mais interdire ce genre de chose serait assimilé à une attaque aux libertés de chacun. Et je ne veux pas risquer des soulèvements de population, nous avons déjà assez à faire avec les… « chiens » comme vous dites. Quant aux chiffres, nous en faisons déjà circuler mais malheureusement, seuls les ruraux sont assez stupides pour y croire…

Il s’étira, fit craquer ses épaules et jouer ses articulations, puis se leva pour s’approcher de la carte qui était projetée sur le mur.

-L’idée d’une attaque cependant me semble assez… séduisante. Comme vous dites, un mort de moins chez eux, c’est toujours ça de pris chez nous. Mais je ne suis pas … disons prêt à sacrifier une troupe entière d’hommes pour ça. N’auriez-vous pas un plan d’attaque qui nous serait plus favorable ? Je sais que vous n'êtes pas du genre à pleurer sur la perte de vos hommes, mais tout de même... encore une fois, ce serait une sacrée dépense que je ne suis pas certain de pouvoir soutenir. Il faudrait que j'en parle à mes conseillers financiers en fait... la comptabilité n'est pas mon fort.

Il laissa s'échapper un petit rire gêné avant de se gratter une nouvelle fois l'arrière de son crâne, signe d'une grande nervosité.
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